Apocalypse
À propos

Dans le premier paragraphe, l'auteur s'identifie comme étant Jean, ce qui pourrait faire référence à l’auteur de l’Évangile et des lettres de Jean, ou il pourrait s’agir d’un autre dirigeant de l’Église primitive. Quel que soit le Jean dont il s'agit, il précise dès le premier paragraphe que ce livre est une « apocalypse ». Le mot grec utilisé ici est apokalypsis, qui fait référence à un type de littérature que l'on trouve dans les Écritures hébraïques et dans d'autres textes juifs populaires. Les apocalypses juives racontent les visions symboliques d'un prophète qui révèlent la perspective céleste de Dieu sur l'histoire afin que le présent puisse être considéré à la lumière de l'issue finale de l'histoire. Ces textes utilisent des symboliques en images et en nombres non pas pour désorienter, mais pour communiquer. Presque toutes les images sont tirées de l'Ancien Testament, et Jean attend de ses lecteurs qu'ils les interprètent en se référant aux textes auxquels il fait allusion.
Apocalypse 1-3 : Paroles de Jésus aux sept Églises d'Asie mineure
Jean dit que cette apocalypse est une prophétie. Une prophétie est une parole de Dieu prononcée par un prophète pour réconforter ou interpeler le peuple de Dieu. Cette prophétie apocalyptique a été envoyée à de vraies personnes que Jean connaissait. Le livre commence et s’achève sous forme de circulaire à sept Églises d’Asie, province de la Rome antique. Le fait que l'Apocalypse soit une lettre signifie que Jean s'adressait spécifiquement à ces Églises du premier siècle. Bien que ce livre ait beaucoup à dire aux chrétiens des générations suivantes, sa signification doit d'abord être ancrée dans le contexte historique de l'époque et du lieu où vivait Jean.
Jean dit qu'il a été exilé sur l'île de Patmos, où il a eu une vision de Jésus ressuscité se tenant au milieu de sept lumières ardentes. L'image, adaptée de Zacharie 4, est un symbole représentant sept Églises locales d'Asie mineure. Jésus a abordé les problèmes spécifiques auxquels chaque église est confrontée. Certains étaient apathiques en raison de leur richesse et de leur opulence, tandis que d'autres étaient moralement compromis. Mais certaines personnes restées fidèles à Jésus, faisaient l'objet de harcèlement et de persécutions. Jésus les a avertis qu'une « tribulation » était sur les églises qui les forcerait à choisir entre le compromis et la fidélité.
À l'époque de Jean, le meurtre des chrétiens par l'empereur romain Néron était terminé, et la persécution par l'empereur Domitien était probablement en cours. Jésus appelle les Églises à la fidélité, grâce à laquelle elles « conquerront » et recevront une récompense lors du mariage final du Ciel et de la Terre. La première section établit la tension principale de l'intrigue tout au long du livre. La Volonté du peuple de Jésus sera-t-elle de conquérir et d'hériter du nouveau monde que Dieu a en réserve ? D'ailleurs, pourquoi la fidélité à Jésus est-elle assimilée à une conquête ?
Apocalypse 4-5 : Vision de la salle du trône céleste et du premier jugement
La vision suivante de Jean est celle de la salle du trône céleste, décrite à l'aide d'images tirées de nombreux livres prophétiques de l'Ancien Testament. Dieu est entouré de créatures et de vieillards qui représentent toute la création et les nations humaines, qui rendent honneur et allégeance au seul Dieu véritable. Dans la main de Dieu se trouve un rouleau avec sept sceaux de cire, symbolisant les rouleaux des prophètes de l'Ancien Testament et les visions de Daniel. Leur message était à propos de la manière dont le Royaume de Dieu viendrait sur Terre comme au Ciel.
Cependant, personne n'est qualifié pour ouvrir le rouleau jusqu'à ce que Jean découvre enfin qui est habilité à le faire. C'est « le Lion de la tribu de Juda » et la « Racine de David » (Gen. 49:9; Ésa. 11:1). Ce sont des descriptions classiques de l'Ancien Testament du roi messianique qui allait établir le Royaume de Dieu par une conquête militaire. C'est ce que Jean entend, mais ce qu'il voit n'est pas un roi lion, mais un agneau sacrifié et ensanglanté qui est à nouveau vivant, prêt à ouvrir le rouleau.
Ce symbole de Jésus comme agneau immolé est essentiel pour comprendre le livre. Jean dit que la promesse de l'Ancien Testament du futur Royaume de Dieu a été inaugurée par le Messie crucifié. Jésus est mort pour ses ennemis comme le véritable agneau de Pâque afin que d'autres puissent être rachetés. Sa mort sur la croix fut son intronisation et sa « conquête » du mal. La vision se termine avec l'agneau aux côtés de celui qui siège sur le trône, et ensemble ils sont adorés comme le seul véritable créateur et rédempteur. L'agneau immolé commence ensuite à ouvrir le rouleau, symbole de son autorité divine pour guider l'histoire jusqu'à sa conclusion.
Cela nous amène à la section suivante du livre qui contient trois cycles de sept : sept sceaux, sept trompettes et sept bols. Chaque cycle représente le Royaume de Dieu et la justice descendant sur terre comme au ciel. Certaines personnes pensent que ces trois séries de sept jugements divins représentent une séquence littérale et linéaire d'événements qui se sont produits dans le passé ou dans le présent, ou qui se produiront lorsque Jésus reviendra. Cependant, remarquez que Jean les a tissés ensemble. Les sept bols proviennent de la septième trompette et du septième sceau, et les sept trompettes proviennent du septième sceau. Ce sont comme des poupées russes : le dernier de chaque série contient les sept de la série suivante. Et chaque série culmine au jugement final, toutes avec des dénouements similaires. Il est donc plus probable que Jean utilise chaque groupe de sept pour décrire trois perspectives distinctes de la même période après la résurrection de Jésus.
Apocalypse 6-8a : Vision des serviteurs de l'Éternel tués
Alors que l'agneau ouvre les quatre premiers sceaux du rouleau, Jean voit quatre cavaliers symboliques (une image tirée de Zacharie 1) qui symbolisent les temps de guerre, de conquête, de famine et de mort. Le cinquième sceau représente les martyrs chrétiens assassinés devant le trône céleste de Dieu. Le cri de leur sang innocent s'élève devant Dieu, et on leur dit de se reposer, car, malheureusement, d'autres chrétiens vont mourir. Le sixième sceau est la réponse ultime de Dieu à leur cri. C'est l'avènement du grand Jour du Seigneur décrit dans les livres d'Ésaïe 2 et Joël 2. Le peuple de la Terre s'écrie : « Qui peut subsister ? »
À ce stade, Jean met en pause l'action pour répondre à cette question. Il aperçoit un ange avec un anneau sigillaire venir apposer une marque de protection sur les serviteurs de Dieu qui endurent toutes ces épreuves. Il entend ensuite le nombre de ceux qui ont été scellés : 144 000. Il s'agit d'un recensement militaire de douze mille personnes appartenant à chacune des douze tribus d'Israël (Nombres 1). Maintenant, le nombre de cette armée est ce que Jean a entendu, tout comme il a entendu parler du lion conquérant de Juda. Dans les deux cas, ce qu’il vit en se retournant était le surprenant accomplissement par Jésus, l’agneau immolé. Jean voit l'armée messianique du Royaume de Dieu. Il est composé de personnes venues du monde entier, accomplissant l'ancienne promesse de Dieu à Abraham. Cette armée multiethnique de l'agneau peut se tenir devant Dieu, car elle a été rachetée par son sang. Ils sont appelés à conquérir non pas en tuant leurs ennemis, mais par la souffrance et en témoignant comme l'agneau. Ainsi, le septième et dernier sceau est brisé. Mais, avant que le rouleau ne soit ouvert, les sept trompettes d'avertissement apparaissent, et ce n'est qu'alors que le jour du Seigneur vient pour instaurer la justice définitive.

Apocalypse 8b-11 : Visions du jugement, du temple et des deux témoins
Lorsque nous en venons aux sept trompettes, Jean reprend son chemin et raconte à nouveau l'histoire, cette fois avec des images tirées de l'histoire de l'Exode. Les cinq premiers sons de trompette reproduisent les fléaux envoyés sur l'Égypte, tandis que la sixième trompette libère les quatre cavaliers des quatre premiers sceaux. Jean nous dit ensuite que, malgré ces fléaux, « les nations ne se sont pas repenties », tout comme le Pharaon. Le jugement de Dieu à lui seul n'amène pas les gens à s'humilier devant lui.
Jean interrompt ensuite à nouveau l'action. Un ange apporte à Jean le rouleau / parchemin non scellé qui a été ouvert par l'agneau. Jean est maintenant chargé de manger le rouleau et de proclamer son message aux nations. Enfin, le rouleau / parchemin de l'Agneau est ouvert, et nous découvrons comment le Royaume de Dieu finira par apparaître.
Le contenu du rouleau est énoncé dans deux visions symboliques. Tout d'abord, Jean voit le temple de Dieu et les martyrs qui s'y trouvent, et on lui dit de le mesurer et de le mettre à part (c'est une image de protection tirée de Zach. 2:1-5). Cependant, les cours extérieures et la ville sont exclues et piétinées par les nations. Certains pensent que cela fait littéralement référence à une destruction de Jérusalem par le passé ou dans l'avenir. Mais il est plus probable que Jean se serve du Nouveau temple comme d'un symbole pour le peuple de la nouvelle alliance de Dieu, tout comme les autres apôtres l'ont fait (1 Cor. 3:16 ; Héb. 3:6 ; 1 Pi. 2:4-5). La vision montre que même si les disciples de Jésus peuvent être persécutés, cette défaite extérieure n'enlève pas leur victoire par le biais de l’agneau.
Cette idée est développée dans la deuxième vision du rouleau. Dieu établit deux témoins comme ses représentants prophétiques auprès des nations. Certains pensent que cela fait littéralement référence à deux prophètes qui apparaîtront un jour. Cependant, Jean qualifie ces personnages de « chandeliers », l'un de ses symboles évidents pour les églises (Apo. 1:20). Il est probable que cette vision porte sur le rôle prophétique des disciples de Jésus, qui, comme Moïse et Élie, doivent appeler les nations et les dirigeants idolâtres à se tourner vers Dieu. Ensuite, une bête horrible apparaît, qui conquiert les témoins et les tue (souvenez-vous de Daniel 7). Mais Dieu ramène les témoins à la vie et les justifie devant leurs persécuteurs. Cela conduit beaucoup parmi les nations à se repentir et à rendre honneur au Dieu créateur.
Faisons une pause pour considérer le récit jusqu’à présent. Les jugements d'avertissement de Dieu par les sceaux et les trompettes n'ont pas suscité la repentance parmi les nations. Maintenant, le rouleau de l'agneau révèle l'étrange mission de son armée. Le royaume de Dieu est révélé lorsque les nations voient l'église imiter le sacrifice de l'agneau et aimer ses ennemis au lieu de les tuer. C'est la miséricorde de Dieu, démontrée par l'Église, qui conduira les nations à la repentance. Après cela, la dernière trompette sonne, et les nations sont ébranlées alors que le royaume de Dieu vient sur terre comme au ciel.
Le message du rouleau est terminé, mais qui était cette bête redoutable qui a déclaré la guerre au peuple de Dieu ? Jean revient sur cette question dans la deuxième moitié de l'Apocalypse.

Apocalypse 12-16 : Visions du dragon, des bêtes, 666 et autres
Après avoir exploré le message surprenant du rouleau ouvert de l'Agneau, Jean offre une série de sept visions qu'il appelle « signes » (Apo. 12-15). Ce mot signifie « symbole », et ces chapitres en sont pleins. Le but de ces visions est de développer davantage le message du rouleau / parchemin.
Le premier signe révèle la bataille cosmique et spirituelle qui est à l'origine de la persécution des chrétiens par l'empire romain, l'ancien conflit qui a commencé dans Genèse 3:15. Le serpent du jardin d'éden, la source de toutes les forces occultes, est représenté ici comme un dragon. Il attaque une femme et sa descendance, qui représentent le messie et son peuple. Mais le messie vainc le dragon par sa mort et sa résurrection, le jetant sur terre. Là, le dragon peut inspirer la haine et la persécution du peuple du messie, mais le peuple de Dieu le vaincra en résistant à son influence, même si cela doit lui coûter la vie. Jean montre aux sept églises que ni Rome, ni aucune autre nation ou homme n'est le véritable ennemi. Des puissances des ténèbres sont à l'œuvre et ne peuvent être vaincues que si les disciples de Jésus demeurent fidèles et aiment leurs ennemis.
La vision suivante de Jean reproduit le même conflit, cette fois avec le symbolisme des visions animales de Daniel (Dan. 7-12). Jean voit deux bêtes, dont l'une représente la puissance militaire nationale qui conquiert par la violence. L'autre bête symbolise la machine de propagande économique qui exalte cette puissance comme étant divine et exige l'allégeance totale de toutes les nations. Cela se symbolise par le fait de recevoir la marque de la bête et son numéro 666 sur le front ou la main.
La signification de cette image se trouve dans l'Ancien Testament. Cette marque est l'« anti-Shema ». Le Shema est une ancienne prière juive d'allégeance à Dieu que l'on trouve dans Deutéronome 6:4-8. Elle devait être écrite sur le front et les mains des Israélites pour symboliser leur dévouement total, en pensées et en actions, au seul Dieu véritable. Mais maintenant, les nations rebelles exigent leur propre allégeance divine.
Le nombre de la bête est également un symbole. Jean parlait couramment l'hébreu et le grec, et ses lecteurs savaient que les lettres hébraïques servaient également de nombres. Si vous écrivez les mots grecs « Néron César » ou « bête » en hébreu, les deux donnent 666. Jean ne dit pas que Néron correspondait exactement à cette vision ; il dit plutôt qu'il est un exemple récent du modèle exploré dans Daniel. Les dirigeants humains deviennent des bêtes lorsqu'ils attribuent la divinité à leur pouvoir et à leur sécurité économique et leur exigent une allégeance totale. Babylone était la bête à l'époque de Daniel, suivie par la Perse, puis la Grèce et maintenant, à l'époque de Jean. Ce modèle servira de référence à toute nation future qui agira de la même manière.
Un autre roi, l'agneau immolé et son armée, s'oppose aux nations bestiales du dragon, qui ont donné leur vie pour le suivre. Depuis la Nouvelle Jérusalem, leur chant résonne dans les nations comme « l'Évangile éternel » (Rév. 14:6). Tous les hommes sont appelés à se repentir, à adorer Dieu et à sortir de Babylone. Jean voit ensuite une vision de justice finale, symbolisée par deux moissons. L'une est une bonne récolte de blé où le roi Jésus rassemble ses fidèles. L'autre est une moisson de raisins de cuve, représentant l'ivresse de l'humanité face au mal, qui sont emmenés au pressoir et piétinés. Avec ces visions de « signe », Jean place les sept églises devant un choix. Vont-elles résister à Babylone et suivre l'Agneau, ou vont-elles suivre la bête et subir sa défaite ?
Jean reprend ensuite un dernier cycle de sept jugements divins, symbolisés par sept bols. Comme les plaies de l'Exode, les coupes n'amènent pas à la repentance, bien au contraire. Le peuple résiste et maudit Dieu comme le Pharaon. Avec la sixième coupe, le dragon et les bêtes rassemblent les nations pour faire la guerre au peuple de Dieu dans un lieu appelé Armageddon. C’est une plaine dans le nord d’Israël où plusieurs batailles ont été menées contre des nations envahissantes (Juges 5:19 ; 2 Rois. 23:29). Certains pensent que cette image fait littéralement référence à une bataille à venir, tandis que d'autres pensent que c'est une métaphore du Jugement dernier. Quoi qu'il en soit, Jean a repris ces images d'Ézéchiel 38-39, où Dieu combat Gog, une humanité rebelle. Ainsi, dans le septième bol, le mal est vaincu une fois pour toutes parmi les nations.

Apocalypse 17-20 : La dernière bataille d'Armageddon
Maintenant que Jean a entièrement dévoilé le message du rouleau non scellé de l'agneau, il développe trois thèmes clés présentés précédemment : la chute de Babylone, la bataille finale pour triompher du mal et l'avènement de la nouvelle Jérusalem. Chacun explore l'avènement final du royaume de Dieu sous un angle différent.
Jean voit une femme magnifique, vêtue comme une reine, mais ivre du sang des martyrs et de tous les innocents. Elle chevauche le dragon des visions des signes et est appelée Babylone la prostituée. Tous les symboles détaillés de cette vision étaient clairs pour les premiers lecteurs de Jean, car il décrivait la puissance militaire et économique de l'Empire romain. Mais il y a beaucoup plus que cela. La vision cite le langage et les images de chaque passage de l'Ancien Testament à propos de la chute de Babylone, de Tyr et d'Edom (Ésa. 13 ; Ésa. 23 ; Ésa. 34 ; Ésa. 47 ; Jér. 50-51 ; Éz. 26-27). Il montre que Rome n'est que la version la plus récente de cet archétype ancien de l'humanité en rébellion contre Dieu. Les nations qui exaltent leur propre sécurité économique et militaire au statut divin ne se limitent pas au passé ou à l'avenir. Les Babylones se succéderont jusqu'au jour où Jésus reviendra pour les remplacer toutes par son Royaume.
Jusqu'à présent, le jour du Seigneur était décrit dans le livre comme un jour de feu, un tremblement de terre ou une moisson. Ici, à la conclusion du livre, elle est décrite comme une dernière bataille (Rév. 19:11-21 ; Rév. 20:7-15) qui aboutit à la justification des martyrs (Rév. 20:1-6). Jean nous ramène à la sixième coupe, où les nations se rassemblent pour s'opposer à Dieu. Jésus apparaît comme le grand héros, monté sur un cheval blanc et prêt à « conquérir » le mal du monde. Cependant, remarquez qu'il est couvert de sang avant même que la bataille ne commence (Rév. 19:13). C'est le sien. Et sa seule arme est « l'épée de sa bouche », une image adaptée d'Ésaïe 11:4 et 49:2.
Jean essaie de nous dire que l'Armageddon n'est pas un bain de sang. Le même Jésus qui a versé son sang pour ses ennemis vient proclamer justice, en tenant responsables ceux qui refusent de se repentir des ruines qu'ils ont causées dans le bon monde de Dieu. L'enfer destructeur qu'ils ont semé dans le monde devient à juste titre leur destinée assignée par Dieu.
Après cela, Jean a une vision des disciples de Jésus qui ont été assassinés par Babylone. Ils sont appelés à la vie pour régner avec le Messie pendant mille ans. Après cela, le dragon réunit les nations du monde pour se rebeller contre Dieu, mais elles sont toutes amenées devant le trône de justice de Dieu et font face aux conséquences d'une défaite éternelle. Les forces occultes du mal et tous ceux qui ne veulent pas participer au royaume de Dieu sont détruits. On leur donne ce qu'ils veulent, c'est-à-dire exister par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Le dragon, Babylone et tous ceux qui les choisissent sont mis sous quarantaine éternelle, à jamais privés de toute possibilité de gâcher la nouvelle création de Dieu.
Il y a de nombreux débats sur la relation entre les mille ans qui s'écoulent entre ces deux scènes de bataille. Certains pensent qu'il fait référence à une séquence chronologique littérale du retour de Jésus, suivi de son règne de mille ans sur terre et du jugement dernier. D'autres pensent que les mille ans sont un symbole de Jésus et de la victoire actuelle du martyr sur les forces occultes, tandis que les deux batailles dépeignent le retour futur de Jésus sous deux angles différents. Quelle que soit votre opinion, le cœur du sujet est que Jean promet le retour du roi Jésus pour combattre le mal à jamais et justifier ceux qui lui ont été fidèles.
Le livre se termine par une vision du mariage du ciel et de la terre (Rév. 21:1-22:9). Un ange montre à Jean une épouse magnifique, symbolisant la nouvelle création qui vient rejoindre à jamais Dieu et son peuple d'alliance. Dieu annonce qu'il est venu vivre avec l'humanité pour toujours et faire toutes choses nouvelles (Rév. 21:5).
Apocalypse 21-22 : Le nouveau ciel et la nouvelle terre
Cette vision est un kaléidoscope des promesses de l'Ancien Testament. Elle dépeint un nouveau Ciel et une nouvelle Terre (Ésa. 65:17), une création restaurée qui a été guérie de la souffrance et du mal qui ont entaché l'histoire humaine. C’est aussi un nouveau jardin d’Éden (Gen. 2) et un paradis de la vie éternelle avec Dieu. Cependant, ce n'est pas seulement un retour au jardin, c'est aussi un pas en avant vers la nouvelle Jérusalem (Ésa. 2). C'est une ville magnifique où les cultures humaines dans toute leur diversité coexistent en harmonie. Mais dans un revirement des plus surprenants, il n'y a pas de temple. La présence de Dieu et de l'agneau, autrefois limitée au temple, imprègne désormais chaque recoin de ce nouveau monde. C'est alors que la nouvelle humanité accomplira la vocation qui lui a été confiée dès la première page de la Bible (Gen. 1:26-28), celle de régner à l'image de Dieu et de former un partenariat avec Dieu pour mener sa création vers un territoire nouveau et inconnu.
Ainsi s'achève l'apocalypse de Jean ainsi que l'histoire épique de la Bible. Jean n'a pas écrit ce livre comme un code secret pour déchiffrer le calendrier du retour de Jésus. C’est une vision symbolique qui a apporté défi et espoir aux sept Églises du premier siècle et à chaque génération depuis lors. Il révèle le schéma de l'histoire et la promesse de Dieu, montrant comment chaque royaume humain finit par devenir Babylone et doit être combattu. Mais le messie, Jésus, qui a aimé notre monde et est mort pour lui, ne laissera pas Babylone impunie. Il reviendra un jour pour extraire le mal de son bon monde et renouveler toutes choses. Cette promesse devrait encourager chaque génération du peuple de Dieu à la fidélité, jusqu’à ce que le Roi revienne enfin.

