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Exode

Exode 1–18
6:43
Panoramas de l'Ancien Testament
Exode 1–18

L'Exode est le deuxième livre de la Bible, il reprend le récit biblique là où la Genèse s'est arrêtée. Jacob, le petit-fils d'Abraham, et sa famille composée de soixante-dix personnes s'étaient rendus en Égypte, où Joseph, l'un des fils de Jacob, avait été établi comme la deuxième autorité la plus importante du pays. La famille a donc vécu et s'est agrandie en Égypte, où elle a trouvé refuge pendant plusieurs années.

Quelques centaines d'années plus tard, débute l'histoire de l'Exode. Le mot « exode » fait référence à l'événement majeur qui se produit dans la première moitié du livre, à savoir l'exode d'Israël d'Égypte. Dans la seconde partie du livre, les événements se déroulent au pied du Mont Sinaï. Pour l'instant, nous ne couvrirons que la première moitié, des siècles se sont écoulés entretemps et les Israélites « furent féconds, se multiplièrent et remplirent le pays » (Exode 1:7).

Ces mots font délibérément écho à la bénédiction que Dieu a donnée à l'humanité dans le jardin (Gen. 1:28), nous rappelant à ce stade, le récit plus vaste jusqu'à présent. Lorsque l'humanité, par son péché et sa rébellion, se priva de la bénédiction divine, Dieu choisit la famille d'Abraham comme le canal par lequel restaurer sa bénédiction au monde.

Exode 1-4 : L'esclavage d'Israël sous le Pharaon

Le nouveau pharaon, en revanche, ne voit pas Israël comme une bénédiction. Il croit que ce groupe croissant d'immigrés israélites constitue une menace à son pouvoir. Ainsi, exactement comme dans la Genèse, l'humanité se rebelle contre Dieu. Pharaon tente de neutraliser les Israélites en les réduisant brutalement en esclavage et en les soumettant à de pénibles travaux physiques. Et rajoutant l'infamie à son injustice, il ordonne que tous les petits garçons israélites soient noyés dans le Nil.

Ce Pharaon est, jusqu'ici, le pire personnage de la Bible, et à la tête d'un royaume qui incarne la rébellion de l'humanité contre Dieu. Pharaon a tellement redéfini le bien et le mal selon ses intérêts que le meurtre d'enfants innocents lui semble désormais « bien ». L'Égypte surpasse désormais Babylone en impiété, et Israël crie de détresse contre cette nouvelle forme de mal. Dieu répond en commençant par renverser le complot maléfique de Pharaon. Une mère israélite abrite son fils dans un panier qu'elle pose sur le Nil, d'où l'enfant est emporté par le courant jusqu'à la famille de Pharaon. Ce garçon s'appelle Moïse, et il finit par devenir l'homme que Dieu utilisera pour triompher de Pharaon.

Dans la fameuse histoire du buisson ardent, Dieu apparaît à Moïse et le charge d’aller se rendre auprès de Pharaon pour lui ordonner de libérer les Israélites. Et Dieu le prévient que Pharaon résistera. Mais Dieu entend exercer sa justice sur l'Égypte sous forme de plaies et endurcir le cœur de Pharaon.

Exode 5-15 : Les dix plaies et le cœur endurci de Pharaon

La confrontation entre Dieu et Pharaon est au cœur de ce récit, mais qu'entend-on par « Dieu endurcira son cœur » ? Il est important de lire attentivement et graduellement cette partie du récit. Lors de la première rencontre entre Moïse et Pharaon, il est simplement dit que le cœur de Pharaon « s'endurcit », sans aucune implication de la part de Dieu.

Dieu envoie alors la première série de cinq plaies, chacune visant Pharaon et ses dieux. À chaque fois, Moïse offre à Pharaon une chance de faire preuve d'humilité et de laisser partir le peuple. Cependant, après chaque plaie, il est dit que Pharaon « endurcit son cœur » ou que son « cœur s'est endurci ». Il le fait de son plein gré. Ce n'est que dans la seconde série des cinq plaies que nous commençons à entendre dire que Dieu a endurci le cœur de Pharaon.

En clair, même si Dieu savait que Pharaon résisterait à sa volonté, il lui a quand même laissé plusieurs chances de faire le bon choix. En fin de compte, la méchanceté de Pharaon atteint un tel point de non-retour, que même ses conseillers croient qu'il a perdu la raison. C'est à ce moment-là que Dieu prend les choses en mains, faisant en sorte que le mal de Pharaon serve ses propres projets de rédemption. Il attire Pharaon vers sa propre destruction et sauve son peuple.

La nuit de la Pâque, Dieu se sert de la dernière plaie pour renverser la situation au détriment de Pharaon. Tout comme Pharaon a massacré les fils des Israélites, Dieu fera mourir les fils premiers-nés de l'Égypte. Et pourtant, contrairement à Pharaon, Dieu offrira une esquive au sort funeste à travers le sang d'un agneau.

L'histoire s'interrompt pour une immersion dans le rituel annuel israélite de la Pâque (Exo. 12-13). La nuit précédant le départ d'Israël d'Égypte, ils sacrifièrent un jeune agneau sans défaut dont ils répandirent le sang sur l'encadrement des portes de leurs maisons. En s'abattant sur l'Égypte, la plaie divine dut « passer outre » les maisons recouvertes du sang de l'agneau dont les fils furent sauvés. Depuis lors, les Israélites rééditent, chaque année, le rituel de cette nuit pour commémorer et célébrer la justice et la miséricorde de Dieu.

À cause de son orgueil et de sa rébellion, Pharaon perd son fils et est finalement contraint de libérer les Israélites. Les esclaves israélites s'enfuient d'Égypte, mais dès leur départ, Pharaon change d'avis. Il rassemble son armée et se lance à leur poursuite pour une confrontation finale, certain de les massacrer au bord de la mer. Cependant, les Israélites se précipitent dans la mer et se retrouvent à marcher sur un chemin sec que Dieu a fourni. Mais lorsque Pharaon les suit, les eaux le submergent et l'engloutissent.

Cette partie du livre de l'Exode se termine par le premier cantique de louange de la Bible, appelé « Le Cantique de la mer » (Exo. 15). Le dernier vers déclare que « l'Éternel règne en souverain », dans ce cantique qui est un rendu poétique des principes du royaume de Dieu. Dieu est en mission pour combattre le mal dans ce monde, racheter ceux qui sont esclaves du mal et les conduire en terre promise, où sa présence divine demeurera parmi eux. Ainsi vont les choses lorsque Dieu devient le Roi de son peuple.

Exode 16-18 : Murmures dans le désert

À peine le peuple eut-il fini de chanter que l'histoire prit une tournure surprenante. Dans leur longue marche à travers le désert vers le Mont Sinaï, les Israélites sont affamés et très assoiffés. Dans leur désarroi, ils se mettent à reprocher à Moïse et à Dieu de les avoir sortis d'Égypte ! Même si Dieu a eu la bonté de fournir à manger et à boire à son peuple, ces incidents ont jeté une ombre sur la relation. En tant que lecteurs, nous nous interrogeons sur la possibilité que le cœur d'Israël soit aussi endurci que celui de Pharaon. Et c'est avec cette question en boucle à l'esprit que nous abordons le récit relatant l'expérience d'Israël au Mont Sinaï.

Exode 19-31 : L'alliance du Sinaï

Exode 19-40
6:27
Panoramas de l'Ancien Testament
Exode 19-40

La seconde moitié du livre de l'Exode reprend juste au moment où Moïse conduit Israël au pied du Mont Sinaï (Ex. 19), où Dieu invite la nation à nouer une relation d'alliance. Nous arrivons ici à une autre étape majeure du vaste récit que représente la Bible. Cet événement marque une nouvelle étape dans l'accomplissement de la promesse faite à Abraham : par lui et sa famille, Dieu rétablira sa bénédiction pour toutes les nations (Gen 12; Gen.15; Gen 17). Dieu déclare que si le peuple d'Israël respecte les termes de l'alliance, il deviendra un « royaume de prêtres » (Exo. 19:6), agissant tels des représentants de Dieu auprès des nations en reflétant son caractère par leur mode de vie. Permettant ainsi à la justice et à la miséricorde de Dieu de s'étendre aux nations.

Le peuple accepte l'offre avec enthousiasme, et la présence de Dieu se manifeste sur la montagne sous forme de nuée. Moïse y monte en tant que représentant du peuple, et Dieu commence par lui donner les fondements de l'alliance, les fameux Dix Commandements. Ces règles fondamentales définissent les contours de la relation entre Dieu et les Israélites, puis celle entre eux. Après cela, il y a un recueil de cinquante-deux autres commandements, qui développent les dix premiers de manière plus détaillée. Il comprend des lois relatives au culte et à la justice sociale en Israël, qui définissent la manière dont Israël devait vivre différemment des autres nations. Moïse rédigea toutes ces lois et les présenta au peuple, qui accepta avec enthousiasme les termes de l'alliance.

Dieu franchit alors une nouvelle étape dans cette relation. Il révèle à Moïse son souhait d'avoir sa sainte et divine présence demeurer au sein d'Israël. Ce qui développe un autre aspect de la promesse originelle de l'alliance que Dieu a faite dans la Genèse. Après la rébellion de l'humanité dans le jardin, la présence de Dieu n'était plus accessible. Cependant, à travers la famille d'Abraham, la présence de Dieu est redevenue accessible, d'abord à Israël au mont Sinaï, et par la suite à toutes les nations.

Les sept chapitres suivants (Exo. 25-31) détaillent les plans architecturaux d'une tente sacrée appelée le tabernacle. Le tabernacle comprend un parvis extérieur avec un autel, ainsi qu'une pièce extérieure et une pièce intérieure au centre de la tente. Dans cette pièce intérieure, appelée le lieu très saint, se trouve un coffre d'or orné de créatures angéliques : l'arche de l'alliance. Cette arche est considérée comme le « siège » de la présence de Dieu.

Ces chapitres foisonnent de détails, mais il est important de comprendre que chaque partie a une portée symbolique. Les motifs floraux, les créatures angéliques, l'or et les pierres précieuses rappellent le jardin d'Éden, où Dieu et l'humanité vivaient dans une communion intime. En somme, le tabernacle est un Éden portable où Dieu et Israël peuvent vivre ensemble en paix. Du moins, c'est ce qui était prévu en théorie, mais les choses tournent mal et Israël rompt l'alliance.

Exode 32-40 : La rébellion d'Israël dans le désert

Pendant que Moïse est sur la montagne à recevoir les plans du tabernacle, les Israélites perdent patience dans le camp. Ils demandent à Aaron, le frère de Moïse, de leur fabriquer une idole en forme de veau d'or afin de l'adorer comme le dieu qui les a sauvés de l'esclavage en Égypte. Alors même que la présence de Dieu plane au sommet de la montagne, ils enfreignent déjà les deux premiers commandements de l'alliance : pas d'idoles et pas d'autres dieux.

Ce qui suit est crucial pour la suite du récit biblique et pour notre compréhension du caractère de Dieu. Dieu s’ouvre d'abord à Moïse sur sa colère et sa douleur. Il lui exprime tout ce qu'il ressent et déclare qu'il veut anéantir toute la nation d'Israël. Après avoir écouté Dieu, Moïse le supplie en évoquant son caractère, en lui disant que cela reviendrait à ne pas tenir les promesses de son alliance avec Abraham. Moïse évoque également la réputation de Dieu parmi les nations. Que penseraient les Égyptiens s'il laissait le peuple d'Israël mourir dans le désert ? Dieu agrée la prière de Moïse et revient sur sa décision. Bien que Dieu fasse justice à ceux qui ont entraîné le peuple dans l'idolâtrie, il pardonne à la nation dans son ensemble et renouvelle l'alliance. C'est à ce moment-là que Dieu se décrit à Moïse. « L’Éternel plein de compassion et de grâce, lent à se mettre en colère, et riche en amour et en fidélité ! Il pardonne le crime, la faute et le péché, mais ne tient pas le coupable pour innocent » (Exo. 34:6-7). En d'autres termes, Dieu a beau être plein de miséricorde, sa bonté l'oblige à confronter le mal à un moment. Par-dessus tout, Dieu demeure fidèle à ses promesses, même lorsque cela signifie s'engager envers des personnes qui lui sont infidèles.

Après avoir renouvelé l'alliance, Dieu charge Moïse de construire le tabernacle, comme le décrivent en détail les cinq chapitres suivants (Exo. 35-39). Tout trouve son accomplissement dans le dernier chapitre. (Exo. 40). Le tabernacle est achevé, et la glorieuse présence de Dieu descend sur la tente. Nous sommes pleins d'espoir ! Mais alors que Moïse s'apprête à entrer dans la tente, il réalise qu'il ne peut pas. L'accès lui en est interdit, et le livre de l'Exode s'achève sur cette note abrupte.

Nous réalisons maintenant que le péché d'Israël a endommagé sa relation avec Dieu de manière plus profonde que nous ne l'avions imaginé. Le livre s'ouvre peut-être sur le grand méchant Pharaon qui menace Israël, mais au fil du récit et jusqu'à la fin du livre, Israël est devenu son propre et pire ennemi. Le péché et l'idolâtrie du peuple de Dieu constituent désormais la plus grande menace aux promesses d'alliance. Comment Dieu parviendra-t-il à concilier l'incompatibilité de sa sainte et bonne présence avec le péché et la corruption de son propre peuple ? La réponse à cette question constitue le sujet du livre suivant, le Lévitique.

Foire Aux Questions

Vous trouverez ci-dessous, certaines questions les plus couramment posées en ligne au sujet de ce livre.