2 Thessaloniciens
À propos

Peu de temps après avoir écrit 1 Thessaloniciens, Paul a reçu un autre rapport sur les chrétiens de Thessalonique. Les problèmes qu'il avait abordés dans sa première lettre avaient non seulement persisté, mais avaient empiré. Les persécutions s'étaient intensifiées au point de provoquer la confusion chez les chrétiens thessaloniciens, qui se sont mis à redouter le retour de Jésus.
Paul s'est dépêché d'expédier 2 Thessaloniciens, qui est conçue en trois sections de manière à traiter des trois problèmes en cours dans l'église. Au chapitre 1, Paul ravive l'espoir au milieu d'une persécution continue. Au chapitre 2, il apporte plus de clarté au sujet du Jour du Seigneur à venir. Et au chapitre 3, Paul lance un défi spécifique aux personnes oisives qui refusaient d'exercer un emploi normal. La fin de chacune de ces sections est clairement marquée par une courte prière de clôture (2 Thess. 1:11-12 ; 2:16-17 ; 3:16-18).
2 Thessaloniciens 1 : Espérance dans la persécution
Paul débute avec une prière d'action de grâce pour la fidélité et l'amour dont les Thessaloniciens continuent de faire preuve, et en particulier pour leur persévérance (2 Thess. 1:1-3). Il a appris que leurs voisins grecs et romains ont intensifié la persécution contre les chrétiens. Ils constituent une minorité religieuse victime d'une violente oppression, et Paul craint qu'ils ne renoncent à Jésus si la situation empire. Comme il l'avait fait dans sa première lettre, Paul leur rappelle que souffrir parce que l'on est associé à Jésus est en réalité une manière de participer au Royaume de Dieu (2 Thess. 1:4-12). Jésus a été établi comme Roi au prix de sa souffrance sur la croix. Ses disciples peuvent donc, eux aussi, montrer leur victoire sur le monde en imitant la non-violence, la patience et l'endurance de Jésus.
Paul leur rappelle également que cette persécution ne durera pas éternellement. Lorsque Jésus reviendra, il exercera sa justice contre ceux qui ont opprimé les autres et versé le sang innocent. Plus précisément, Paul dit qu’en guise de sentence, ils seront bannis « de la présence du Seigneur et privés de la gloire de sa divine puissance » (2 Thess. 1:9). Paul ne spécule pas sur le sort de ceux qui rejettent Jésus, mais dit qu'à la fin, ils obtiendront ce qu'ils veulent : être séparés de leur Créateur et de leur Roi. Pour Paul, c'est cela la tragédie suprême. Choisir d’être séparé de Jésus, qui est la source de tout amour et de toute vie, c'est choisir sa propre perte. Il clôture cette partie en priant pour que Dieu se serve de leurs souffrances pour transformer profondément leur caractère, afin que leur vie fasse honneur au nom de Jésus (2 Thess. 1:11-12).

2 Thessaloniciens 2 : le Jour du Seigneur
Au chapitre 2, Paul aborde ensuite une question spécifique liée au retour de Jésus et au Jour du Seigneur. Quelqu’un dans l’église de Thessalonique avait répandu de fausses informations au nom de Paul, disant que le dernier acte de justice de Dieu contre le mal humain, le Jour du Seigneur, s'était abattu sur eux. Selon cette rumeur, le jugement dernier serait déjà en cours. Cette personne avait probablement prédit des dates pour la fin de toutes choses, effrayant ainsi les autres chrétiens. Compte tenu des circonstances difficiles dans lesquelles se trouvaient les Thessaloniciens, on comprend pourquoi cela pouvait susciter certaines inquiétudes. Ils craignaient pour leur vie et étaient vulnérables face à quelqu'un qui prétendait que Jésus était déjà revenu « comme un voleur dans la nuit », comme Paul l'a décrit dans sa première lettre (1 Thess. 5:2). Après tout, Dieu les avait peut-être abandonnés à leur souffrance.
Cela contrarie vraiment Paul, car le contenu de sa lettre est grossièrement déformé. Le retour de Jésus est censé inspirer espérance et confiance, pas la peur ! Il leur rappelle tout ce qu'il avait enseigné au sujet de ce retour alors qu'il était encore avec eux, n'en laissant ici qu'un bref résumé. En réalité, il est un peu trop bref, et le paragraphe contient de nombreuses énigmes et problèmes d'interprétation. Ce qui est clair, c'est que Paul cite un thème bien connu d'Ésaïe 13-14 et de Daniel 7-12.
Les royaumes du monde continueront à produire des dirigeants qui se rebelleront contre Dieu, comme Nebucadnetsar ou le roi du Nord. Ces dirigeants se sont élevés jusqu’à revendiquer une autorité divine, semant ainsi les germes de leur propre destruction. Pour Paul, les prophéties concernant ces rois anciens révèlent un schéma qu’il voit se reproduire à son époque avec les empereurs romains Caligula et Néron et qui, selon lui, se reproduira encore. L'histoire se répétera et finira par aboutir à un souverain rebelle, dont la puissance vient du mal lui-même, qui sèmera violence et ravages dans le monde de Dieu, mais pas éternellement. Lors du retour de Jésus, il affrontera « le rebelle » et tous ceux qui commettent le mal, puis délivrera son peuple.
Le but de Paul ici n’est pas d’alimenter les spéculations apocalyptiques des générations futures. Il cherche plutôt à consoler les Thessaloniciens en leur rappelant l'enseignement de Jésus, qui a déclaré que les événements qui précéderont son retour se dérouleront au grand jour et seront évidents pour tous (Marc 13). En d'autres termes, ils n'ont pas besoin d'être effrayés ou inquiets d'avoir été abandonnés, mais ils doivent rester fidèles jusqu'à ce que Jésus revienne pour les délivrer. Dans sa prière de conclusion (2 Thess. 2:16-17), Paul demande à Jésus et au Père de consoler et de fortifier les Thessaloniciens afin qu'ils restent attachés à la Voie de Jésus.
2 Thessaloniciens 3 : Interpellation des oisifs
Nous en arrivons au dernier sujet : Paul interpelle ceux qui étaient réputés « oisifs » (2 Thes. 3:1-15). Ce terme ne signifie pas qu'ils étaient simplement paresseux. Il fait référence à des personnes irresponsables, qui refusaient de travailler ou de subvenir à leurs besoins, ce qui rendait leur vie personnelle chaotique. Paul avait abordé ce problème dans sa première lettre (1 Thess. 4:10-12 et 5:14), mais la situation semblait avoir empiré.
Nous ne savons pas avec certitude pourquoi certaines personnes refusaient de travailler. Il est possible que ce problème soit lié au précédent. Certaines personnes se disaient peut-être que Jésus reviendrait bientôt et auraient donc quitté leur emploi et cessé de mener une vie normale. Cependant, il est plus probable que ce problème soit lié à une pratique de la culture romaine appelée le patronage. Les personnes les plus pauvres des villes se mettaient au service de riches mécènes, un peu comme des assistants personnels, et vivaient de leur générosité en échange de nombreuses exigences et dépendances. Mais cela contraignait souvent les gens à participer au mode de vie moralement corrompu de leur mécène, sans parler du fait que cette source de revenus était instable. C'est ce que Paul entend par « mener une vie désordonnée, ne pas travailler, mais se mêler des affaires des autres » (2 Thess. 3:11).

Paul leur rappelle l'exemple qu'il a donné lorsqu'il était avec eux. Il n'a pas sollicité leur soutien, mais a travaillé comme ouvrier pour subvenir à ses besoins et être en mesure de servir les Thessaloniciens sans rien leur demander en retour. C'est l'idéal qu'il promeut. Un disciple de Jésus devrait imiter l'amour du Seigneur qui se donne lui-même en travaillant dur, en subvenant à ses besoins et en se rendant utile aux autres. Paul clôture sur une dernière prière, en demandant à Dieu de leur accorder la paix par le Seigneur Jésus, le Messie, en cette période de grande confusion et de souffrance.
Cette courte lettre aux Thessaloniciens nous aide à comprendre que la croyance chrétienne primitive dans le retour de Jésus et l'espérance de la justice finale n'étaient pas destinées à générer des spéculations sur un calendrier apocalyptique. Ces croyances étaient plutôt censées apporter de l'espérance pour inspirer fidélité et dévotion envers Jésus. En particulier pour les chrétiens persécutés, confrontés à une violente opposition.
Pour les générations suivantes de chrétiens, qu’ils soient persécutés ou non, cette lettre nous rappelle que ce que nous espérons façonne notre manière de vivre.

